NAS et SAN sont devenus des piliers du stockage en entreprise, dans les collectivités et les administrations. Ils concentrent des volumes importants de fichiers, de bases de données et de flux applicatifs indispensables au quotidien. Résultat : quand un incident survient, l’enjeu ne se limite pas à « récupérer des fichiers ». Il s’agit souvent de rétablir une capacité opérationnelle, de tenir des objectifs de PCA (Plan de Continuité d’Activité) et de PRA (Plan de Reprise d’Activité), et de protéger la confiance des utilisateurs et des administrés.
Bonne nouvelle : même si les architectures NAS et SAN sont complexes, une récupération menée dans les règles de l’art par un laboratoire professionnel (par exemple Databack) offre des perspectives très solides, à condition d’adopter les bons réflexes dès les premières minutes et de ne rien modifier sur le système défaillant.
NAS et SAN : pourquoi ces stockages sont si stratégiques
Les organisations choisissent des solutions mutualisées pour de bonnes raisons : elles améliorent la disponibilité, simplifient l’administration et accompagnent la croissance des besoins. Dans la pratique, ces infrastructures deviennent rapidement la « source de vérité » de l’entreprise (documents, partages, archives, VM, messagerie, applications, données sensibles).
Le NAS : un serveur de fichiers en réseau, simple à administrer
Un NAS (Network Attached Storage) est un équipement de stockage connecté au réseau, principalement dédié au partage de fichiers entre utilisateurs ou services. Son attrait vient de sa gestion centralisée et de sa souplesse :
- Administration via interface (souvent web), pratique pour configurer partages, quotas et snapshots.
- Accès simultané pour plusieurs postes clients aux mêmes répertoires.
- Gestion fine des droits (lecture, écriture, groupes, héritage).
- Fonctions de résilience via RAID, remplacement de disque à chaud selon le matériel, et planification des sauvegardes.
En clair : un NAS accélère le travail collaboratif et centralise la donnée, tout en apportant des mécanismes de continuité… tant que tout se passe bien.
Le SAN : une architecture de stockage hautes performances (LUN, zoning, baies)
Un SAN (Storage Area Network) est une architecture réseau de stockage. Là où le NAS expose des partages de fichiers, le SAN présente des volumes de stockage aux serveurs sous forme d’unités logiques, souvent appelées LUN (Logical Unit Number). Les serveurs les consomment comme s’il s’agissait de disques locaux.
Les bénéfices sont particulièrement appréciés dans les environnements critiques :
- Performances élevées via des protocoles rapides et des réseaux dédiés.
- Compatibilité avec des serveurs hétérogènes (selon les choix d’architecture).
- Évolutivité par ajout de baies ou d’extensions, sans refondre tout le système.
- Haute disponibilité grâce à la redondance (chemins, contrôleurs, alimentations) et à l’usage de RAID.
- Administration centralisée des opérations de sauvegarde, restauration et reprise.
NAS et SAN ont donc une promesse forte : mutualiser, accélérer, sécuriser. Mais aucun système n’est infaillible, et la centralisation augmente l’impact potentiel d’un incident.
Ce qui rend une perte de données NAS ou SAN si impactante
Quand un stockage mutualisé tombe, l’effet est souvent immédiat : applications qui ne démarrent plus, services indisponibles, dossiers partagés inaccessibles, bases de données en erreur. Cela peut entraîner :
- Paralysie d’activité (équipes bloquées, production stoppée, service public ralenti).
- Perte de chiffre d’affaires (retards, pénalités, impossibilité de facturer ou de livrer).
- Dégradation de l’image (clients, partenaires, usagers).
- Complexification du PCA / PRA: délais de reprise qui s’allongent, arbitrages difficiles, surcoûts.
La bonne approche consiste à traiter l’incident comme un événement critique, à stabiliser la situation, puis à engager une récupération structurée et traçable.
Panorama des incidents fréquents (et leurs effets)
| Type d’incident | Exemples | Effets typiques | Pourquoi c’est délicat |
|---|---|---|---|
| Panne mécanique | Têtes de lecture, moteur, secteurs instables | Disque non reconnu, bruits, lenteurs, RAID dégradé | Risque d’aggravation à chaque redémarrage |
| Panne électronique | PCB, contrôleurs, surtension | Disque muet, erreurs d’E/S, contrôleur instable | Remplacements hasardeux peuvent compromettre l’accès |
| Défaillance logique | Firmware, tables de partition, corruption | Volumes invisibles, fichiers illisibles | Une écriture peut écraser des métadonnées critiques |
| Incident d’infrastructure | Surchauffe, fumée, inondation, foudre | Arrêt brutal, dommages multiples | Plusieurs composants touchés, priorité au clonage |
| Erreur humaine | Reformatage, mauvaise manipulation, réinitialisation | Perte d’accès, volumes reconstruits à tort | Les opérations « de réparation » peuvent être irréversibles |
| Attaque | Ransomware, sabotage, suppression | Chiffrement, verrouillage, exfiltration possible | Contexte de crise : risque de décisions précipitées |
Pourquoi la récupération NAS / SAN exige une expertise laboratoire
Une récupération de données sur NAS ou SAN ne ressemble pas à une restauration « poste de travail ». La difficulté vient de la combinaison de plusieurs couches :
- Matériel: disques (HDD, SSD), contrôleurs, tiroirs, cartes, alimentation.
- RAID: distribution des blocs, parité, rotation, taille de bloc, ordre des disques.
- Virtualisation de stockage: agrégats, volumes, pool, thin provisioning selon les environnements.
- Spécificités SAN: LUN, mapping, masking, zoning, multipathing côté serveurs.
- Système de fichiers: structure, métadonnées, cohérence, journaux.
Un laboratoire professionnel (par exemple Databack) dispose de méthodologies et d’outillage pour mener les opérations avec un objectif clé : maximiser les chances de récupération tout en minimisant le risque de dégradation.
Le point décisif : travailler sur des clones, pas sur l’original
Dans une approche professionnelle, la priorité est la sécurisation des supports :
- copie des disques sains,
- clonage des disques endommagés quand c’est possible,
- travail d’analyse et de reconstruction sur des images, et non sur les disques de production.
Ce principe réduit considérablement les risques et permet d’itérer sur les reconstructions RAID (ou LUN) sans « consommer » le support d’origine.
Les étapes d’une récupération NAS et SAN (vision claire et rassurante)
Même si chaque cas est unique, une récupération sérieuse suit une logique structurée. Cela aide aussi les équipes IT et les décideurs à piloter l’urgence avec méthode.
1) Analyse initiale et qualification de l’incident
Objectif : comprendre ce qui a cassé et ce qui peut être sauvé. Cela inclut typiquement :
- inventaire des supports impliqués (tous les disques du RAID, SSD cache, disques hot spare, etc.),
- identification des disques réellement défaillants,
- recherche d’erreurs, de symptômes mécaniques ou logiques,
- collecte des éléments de configuration quand disponibles (sans réécrire sur le système).
2) Reconstitution de la configuration réelle (RAID, blocs, ordre, parité)
Pour reconstruire un ensemble RAID, il ne suffit pas de connaître le « niveau RAID » (RAID 5, RAID 6, RAID 10, etc.). Il faut aussi déterminer des paramètres essentiels, par exemple :
- la taille des blocs (block size / stripe size),
- la distribution des données et la rotation de la parité,
- l’ordre des lecteurs (souvent critique),
- la présence de décalages (offset), de métadonnées, ou de couches d’agrégation.
Dans un SAN, s’ajoutent des notions d’unités logiques et de présentation aux hôtes :
- LUN et numérotation,
- LUN masking (quels serveurs « voient » quelles LUN),
- zoning (segmentation d’accès au niveau du réseau de stockage),
- cohérence entre la couche baie et la couche serveur (multipathing, signatures, etc.).
3) Clonage et sécurisation des supports
Une fois la stratégie définie, la copie des données brutes est réalisée afin de figer l’état des supports. C’est un levier majeur de réussite, car :
- les supports fragiles ne subissent pas de lectures répétées inutiles,
- les reconstructions peuvent être testées et ajustées,
- on limite le risque d’erreurs humaines sur le matériel d’origine.
4) Reconstruction RAID et restauration des données
Après sécurisation, les ingénieurs procèdent à :
- la reconstruction logique du RAID (en respectant l’ordre, la symétrie, les paramètres),
- la remise en cohérence des structures nécessaires,
- l’extraction des données et la restauration vers un support sain.
L’objectif final est concret : récupérer les répertoires, fichiers, bases ou volumes attendus, avec un niveau de complétude maximal.
5) Livraison et reprise plus sereine dans le PCA / PRA
La récupération s’inscrit souvent dans un plan de continuité ou de reprise. Une fois les données restaurées, l’organisation peut :
- accélérer la remise en service des applications,
- réduire la durée d’indisponibilité,
- mieux documenter l’incident pour renforcer la prévention (sauvegardes, segmentation, durcissement, tests de restauration).
Les bons réflexes qui augmentent immédiatement vos chances de récupération
Dans un incident NAS ou SAN, les premières décisions pèsent lourd. Une action bien intentionnée (réinitialiser, reconstruire, reformater) peut écraser des informations indispensables à la reconstruction.
À faire : stabiliser et préserver
- Arrêter les écritures dès qu’un problème sérieux est constaté (corruption, RAID dégradé critique, volumes disparus).
- Isoler le système si un ransomware est suspecté, pour éviter la propagation.
- Conserver tous les supports exactement dans leur état et leur ordre.
- Noter les symptômes observés (messages, bips, état des voyants, chronologie, actions déjà réalisées).
- Préparer les éléments utiles à l’analyse (inventaire de la baie, numérotation, rôle de chaque disque), sans reconfigurer.
À éviter absolument : les gestes irréversibles
Dans l’esprit des recommandations d’un laboratoire spécialisé (par exemple Databack), voici les actions à proscrire si vous voulez préserver vos chances :
- ne pas travailler sur le serveur ou le réseau après avoir constaté un problème,
- ne pas réinitialiser le serveur ou les périphériques de la baie de stockage,
- ne pas tenter de reconfigurer ou de reconstruire le système RAID,
- ne pas formater un disque appartenant au système RAID défaillant,
- ne pas réinstaller un système d’exploitation sur le serveur concerné,
- ne pas intervertir les disques (l’ordre est souvent déterminant),
- ne pas « tester » les disques en multipliant les redémarrages.
Ces précautions sont simples, mais elles font la différence entre une récupération fluide et un scénario où l’on a perdu des informations de reconstruction.
Ce que la récupération vous apporte, au-delà de la donnée
Une récupération NAS ou SAN réussie ne se résume pas à un dossier retrouvé. Elle génère des bénéfices très concrets pour l’organisation :
- Rétablissement plus rapide des services critiques et réduction de l’arrêt d’activité.
- Préservation de la continuité: reprise plus alignée avec les objectifs PCA / PRA.
- Réduction des pertes (retards, pénalités, désorganisation interne).
- Meilleure maîtrise du risque: l’incident devient un point d’amélioration (procédures, sauvegardes, tests, durcissement).
Dans de nombreux cas, la valeur est aussi humaine : limiter le stress, éviter les décisions précipitées, et donner un cadre clair à la gestion de crise.
NAS, SAN, RAID : points d’attention à connaître (sans entrer dans le piège du “do it yourself”)
Comprendre les notions clés aide à dialoguer efficacement avec un laboratoire, sans pour autant intervenir sur le système.
RAID : performance et tolérance aux pannes, mais complexité en cas d’incident
Le RAID renforce la disponibilité et la continuité de service (selon le niveau RAID), mais il impose une reconstruction rigoureuse si l’ensemble devient incohérent ou si plusieurs disques posent problème. Les paramètres de reconstruction (ordre, taille de bloc, schéma de parité) sont déterminants.
SAN : LUN, zoning et cohérence multi-couches
Dans un SAN, la donnée circule via des couches d’abstraction. En cas d’incident, il faut tenir compte à la fois :
- de la couche baie (pool, RAID, LUN),
- de la couche réseau (zoning, chemins),
- de la couche serveur (multipathing, signatures, systèmes de fichiers).
C’est précisément cette superposition qui rend la récupération plus technique, et qui justifie une approche laboratoire.
Comment préparer efficacement une intervention de laboratoire
Sans modifier l’infrastructure, vous pouvez faciliter et accélérer le diagnostic en préparant des informations factuelles :
- modèle de NAS ou de baie, nombre de disques, capacité, type (HDD, SSD),
- niveau RAID supposé et historique de dégradations (disque remplacé récemment, alerte SMART, rebuild interrompu),
- chronologie des événements (coupure électrique, surchauffe, mise à jour firmware, incident réseau),
- symptômes : messages, logs disponibles, volumes invisibles, partages disparus,
- dans un SAN : éléments de présentation des LUN et changements récents (zoning, masking, ajout d’hôtes).
Cette préparation augmente la vitesse de qualification et aide à prioriser les actions de sauvegarde et de clonage.
Questions fréquentes (FAQ) sur la récupération NAS et SAN
Peut-on récupérer des données si le RAID est dégradé ou en panne ?
Souvent, oui, mais tout dépend de la nature de la défaillance (matérielle, électronique, logique) et de l’état réel des disques. Une prise en charge rapide, avec clonage et reconstruction sur images, améliore fortement les chances.
La redondance (RAID, réplication) suffit-elle contre la perte de données ?
La redondance vise d’abord la continuité de service, pas la protection absolue contre toutes les pertes (corruption logique, suppression, ransomware, sinistre). Elle complète une stratégie, mais ne remplace pas une approche globale (sauvegardes, tests de restauration, segmentation, durcissement).
Que faire en cas de ransomware sur un NAS ou un environnement SAN ?
La priorité est de stopper la propagation (isolation), d’éviter toute action qui réécrit massivement la donnée, et de préserver les supports pour analyse et récupération. Dans ce contexte, la discipline opérationnelle est un accélérateur de retour à la normale.
Pourquoi “ne rien modifier” est-il si important ?
Parce que beaucoup d’actions de dépannage (réinitialisation, reconstruction RAID, formatage, réinstallation) peuvent écraser des métadonnées et rendre la reconstruction plus incertaine. Préserver l’état d’origine protège vos options de récupération.
Conclusion : une approche professionnelle pour transformer une crise en reprise maîtrisée
NAS et SAN offrent aux organisations des bénéfices puissants : centralisation, disponibilité, performances, évolutivité. Lorsqu’un incident survient (panne, corruption, sinistre, ransomware), l’enjeu est à la hauteur de leur importance : préserver l’activité, accélérer la reprise et protéger l’image.
En cas de perte d’accès ou de données, la meilleure stratégie est simple et efficace : stabiliser, ne rien modifier sur le système défaillant, pour une récupération de données nas, puis confier l’analyse, le clonage, la reconstruction RAID et la restauration à un laboratoire spécialisé (par exemple Databack). Cette méthode met toutes les chances de votre côté pour récupérer l’essentiel, réduire l’impact et revenir rapidement à une exploitation normale.